Numérique et empreinte carbone

L’impact négatif du numérique sur l’environnement va en s’accroissant. Ce qui était, au début, perçu comme un moyen de réduire la production, l’utilisation et la gestion du recyclage du papier est devenu une source de pollution trop importante, notamment via un effet de rebond qui a favorisé une surconsommation du numérique.

Les chiffres présentés par l’ADEME (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et d’autres acteurs et actrices de l’écologie sont inquiétants. C’est pourquoi il est important de constater la situation actuelle afin de trouver des solutions pour réduire la pollution numérique.

Empreinte carbone et impact environnemental du numérique

L’économie numérique utilise environ 5,5% de la consommation mondiale d’électricité. Cela représente aussi 4,2% de l’énergie primaire (EP) consommée par l’Humanité (dont une grande partie d’hydrocarbures et de charbon).

D’ici 2025, le numérique représentera 8% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit autant que l’industrie automobile actuellement.

Lorsqu’on parle de numérique, on évoque l’activité économique qui concerne les produits et services de technologie d’information et de communication. On peut citer, par exemple, les terminaux (pc, smartphones, tablettes…), internet et les sites web ou encore les applications.

Si le numérique mondial était un pays, il aurait une empreinte environnementale 2 à 3 fois supérieure à celle de la France.

Les facteurs de l’empreinte carbone numérique

Le numérique implique une exploitation massive d’énergie mais également de ressources primaires de la fabrication de terminaux à leur traitement une fois devenus obsolètes en passant par l’utilisation du numérique en lui-même.

Les chiffres sont parlants :

  • 44% des émissions de gaz à effet de serre sont imputables à la fabrication des terminaux, des câbles, fibres optiques…
  • 26% sont liés à l’électricité produite en vue de faire fonctionner ces terminaux
  • L’utilisation des réseaux sociaux sont responsable de 16% des émissions de GES
  • Les data centers sont responsables de 14% des émissions de gaz à effet de serre.
  • Enfin, seuls 5% des appareils numériques sont recyclés

L’étape de fabrication est la plus impactante en termes de pollution.

Cependant, les habitudes d’utilisation doivent être également modifiées en vue d’alléger l’impact du numérique sur l’environnement.

Pollution numérique : des habitudes impactantes

En effet, quelques habitudes de consommation du numérique ont un poids trop lourd, notamment : le streaming (qui représente , à lui seul, 60% des flux de données), les réseaux sociaux, l’envoi de mails et une mauvaise utilisation des moteurs de recherche.

Enfin, les entreprises doivent également passer à l’écoconception de leurs sites web et de leurs applications afin de proposer à leurs utilisateurices des plateformes moins gourmandes en énergie.

Écoconception web : impact environnemental et performances

Mais qu’ont donc à voir l’écoconception web et la pollution numérique ?

Un site lourd et donc lent utilisera davantage de bande passante et sollicitera plus le réseau et les serveurs et, donc, consommera plus de ressources.

L’écoconception web permet d’obtenir des sites internet plus légers et plus rapides, tout en conservant leur qualité graphique et la pertinence de leur contenu s’il est pensé en termes de sobriété éditoriale.

Un site web écoconçu est crée selon des critères spécifiques et en vue de réduire son impact environnemental.

Pratiquer l’écoconception web, c’est œuvrer à chaque étape d’un projet web et dans toutes ses facettes pour un web plus inclusif et durable :

  • Planification de projet web éco-orienté ;
  • Optimisation du code (dit “propre”) ;
  • Design bien pensé et inclusif (webdesign écologique, low web design ou Green UX) ;
  • Site responsive (adapté à tous les terminaux) ;
  • Contenus optimisés : graphisme éco, réduction de la taille des images et préférence pour d’autres formats d’images (SVG, WEBP…), vidéos hébergées hors-site, optimisation du contenu textuel…
  • Gestion raisonnée (sobriété éditoriale et stratégie de slow content, optimisation du contenu sur la durée, recyclage d’articles…)

Un site web écoconçu est le fruit d’un travail stratégique et d’une conception pondérée.

C’est pourquoi il est intéressant d’évaluer son site web afin de connaitre les pistes d’amélioration et d’obtenir des informations qui s’avèreront utiles lors de sa refonte.

Réglementations relatives au numérique responsable

Actuellement, il n’existe pas un grand nombre de réglementations relatives au numérique responsable. Cependant, il est possible de s’appuyer sur celles qui existent déjà mais également sur un référentiel produit dans le cadre de la mission interministérielle numérique écoresponsable.

Loi REEN

La loi REEN, loi n°2021-1485 parue au Journal officiel du 16 novembre 2021, vise à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France. Elle vise à imposer aux collectivités locales (communes et intercommunalités de plus de 50 000 habitants) la mise en œuvre d’une stratégie numérique responsable, dans le cadre d’une démarche RSE par exemple.

Elle liste 5 grands objectifs :

  • Faire prendre conscience de l’impact environnemental du numérique
  • Limiter le renouvellement des appareils numériques
  • Favoriser des usages numériques écologiquement vertueux
  • Promouvoir des datacenters et des réseaux moins énergivores
  • Promouvoir une stratégie numérique responsable dans les territoires

Les collectivités locales devront se mettre en conformité à partir du 1er janvier 2025.

Lutte contre l’obsolescence programmée

L’obsolescence programmée est définie dans la loi n°2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition écologique (LTECV). C’est l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marche d’un produit vise à en réduire délibérément la durée de vie pour en augmenter le taux de remplacement.

Elle est punie d’une peine de 2 ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende.

Cette loi est liée à la loi REEN.

Lutte contre le gaspillage et développement de l’économie circulaire

La loi AGEC, relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire, participe à lutter contre l’obsolescence en proposant de favoriser le reconditionnement, la recyclabilité du matériel ou encore la transparence des fournisseurs d’accès.

Référentiel de l’écoconception de services numériques

Le RGESN ou référentiel de l’écoconception de services numériques, a pour objectif de donner des pistes de réflexion autour de l’usage des services numériques. C’est un ensemble de pratiques qui permettent de réduire, à chaque étape d’un projet de création de site internet, son impact sur l’environnement.

Le RGESN s’adresse aux chef·fes de projet, aux AMOA, aux UX designers, aux développeur·euses, aux rédacteur·ices web…

Checklist de la sobriété numérique

Quelques gestes sont facile à mettre en place pour avoir une pratique sobre du numérique. Par exemple :

  • Faire réparer vos équipement informatiques et/ou préférer le matériel reconditionné au matériel neuf ;
  • Enregistrer les sites web que vous visitez souvent dans vos favoris ;
  • Avoir une gestion raisonnée de ses mails ;
  • Réduire la résolution des vidéos que vous visionnez ;
  • Eviter la VOD ;
  • Mettre en place une stratégie de contenu éclairée par les principes de sobriété éditoriale ;
  • Privilégier les disques durs externes au stockage cloud ;
  • Préférer opter pour des partenaires locaux pour l’écoconception de votre site web

Références